mercredi 8 novembre 2023

Numéro 43

Bien que le titre de cet article puisse laisser penser à un souhait de vous parler de la série "Le prisonnier", dans laquelle Patrick Mc Goohan clamait être un homme libre, il n'en sera rien même si j'ai suivi les rediffusions de cette dernière étant enfant. Ses sphères blanches pourchassant les évadés resteront à jamais gravées en mon esprit au passage.

 Nous sommes en 1992, au moi d'avril ou mai pour être plus précis. Dans quelques mois, mes vêtements verront leurs couleurs se parer de kaki, mes baskets troquées contre des rangers. Même si ce compte à rebours hante un coin de mes pensées, l'échéance me paraît encore lointaine mais en cet instant la vitesse fulgurante à laquelle le temps peut défiler n'a pas encore atteint ma perception. Dans l'ombre, quelque chose de bien plus grave se trame: la vente de ma maison d'enfance décidé seul par mon père, celle-là même où j'ai effectué mes premiers pas, où la magie des terres rurales environnantes m'a offert son énergie pour surmonter diverses épreuves, cette demeure où mes Amstrad cpc 464 et 6128 m'ont émerveillé avec leurs divers jeux.

Oui, je vais parler encore de toi indirectement...

Mais pour l'heure, j'accompagne mes parents afin de dire au revoir à la sœur de mon paternel qui est aussi ma Marraine. Cette dernière réside dans une autre région, à environ 300 kilomètres. La route, un peu longue, se verra compensée par l'écoute des albums "Zenyattà Mondatta" et "Regatta de Blanc" du groupe "The Police" dans mon walkman, de lecture avec "Conan l'explorateur" mais aussi de la conduite accompagnée pratiquée depuis l'âge de 16 ans.

Car je le sais, arrivé  à destination, une fois les politesses et discussions d'usages avancées, je me retrouverais rapidement dans cette petite chambre que je connais déjà, accompagné par l'ennui. Aussi, puisque mon cpc 6128 n'est pas du voyage, lecture et musique sont en cet instant mes meilleures amies. Le séjour est long. Ce dernier sera quelque peu dépossédé de sa monotonie par une sortie vers le point presse local où l'aura de l'Amstrad cpc sera présente avec le numéro 43 d'Amstrad Cent Pour Cent alors passé bimestriel depuis le numéro 28.

Mes futurs instructeurs crieront comme ça eux aussi...

Au moment de le saisir pour passer en caisse, je ressens la maigreur de son contenu entre mes doigts. En ma gorge, une boule se dessine... j'ai l'intuition qu'une fin proche se veut imminente. Mais de nouveau en mon havre de paix temporaire, je plonge dans la lecture de ce numéro qui sera en réalité le dernier pour moi.  Comme à mon habitude, je parcours l'ouvrage à la volée, histoire de prendre possession des lieux avant de me lancer dans une lecture plus approfondie des différents articles. D'emblée je dois avouer que rien ne m'attire particulièrement excepté peut-être le test de "La famille Addams" édité par OCEAN cette même année. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié les films de Barry Sonnenfeld, le premier tout d'abord sorti en 1991, le second un peu plus tard en 1993. 

Mais à part ça je ne reconnais plus vraiment l'Amstrad Cent Pour Cent d'antan. Micromania a plié bagages, les quelques pages de pubs mettant en avant des illustrations de compils' sont anecdotiques. Aussi la lecture de cet exemplaire sera rapide même si j'y reviendrais à plusieurs reprises durant ce séjour. "Everything is changing" comme l'écrira Eels dans son livret d'album "Electro Shock Blues" quelques années plus tard. Mon monde lié fortement alors avec l'Amstrad cpc allait lui aussi bientôt prendre fin...

mercredi 25 octobre 2023

Explosion de l'esprit

 1988. Ce n'est pas "un samedi soir sur la terre" comme le chantera Francis Cabrel quelques années plus tard mais celui d'un ado seul dans sa chambre face à son Amstrad CPC. Seul pas tout à fait puisque Sieur Belzébuth a pris possession de mon lit, s'étalant de tout son long afin de ronfler comme il se doit. Au dehors, une nouvelle nuit hivernale prend ses marques mais la vie nocturne qu'elle abrite restera à sa discrétion puisque mes volets se voient fermés. 

Là, appuyé par ma chaude lumière de lampe de bureau, je dois me concentrer, me préparer au combat sous les yeux d'un maître qui sera sans l'ombre d'un doute intransigeant concernant ma discipline. Dans quelques instants, une fois que mon cpc 464 aura complètement chargé "The way of the exploding fist" arrivé jusqu'à moi via la compilation "Karate Ace" de Gremlin, mon but sera de démontrer mes capacités à vaincre mon adversaire dans le respect et la maîtrise de cet art martial qu'est le karaté.

On a dit "Karate Ace" pas "Kung-Fu Ace"!

Le jeu enfin chargé, une démo démarre nous montrant ainsi l'unique lieu où se dérouleront les combats, notre but étant de parvenir au 10ème DAN de la ceinture noire. A l'époque je rêvais de faire du karaté mais mon père m'avait inscrit au judo, unique discipline enseignée alors dans les villages à proximité. Suite à une expérience désagréable et d'autres faits en arrière plan, j'ai abandonné assez rapidement, atteignant tout au plus la ceinture jaune. Si vous souhaitez en savoir plus et découvrir quelques lignes sur le jeu Uchi Mata je vous invite à découvrir l'article correspondant. Le judo, bien qu'un très noble art, ne m'intéressait pas vraiment, surtout vu le contexte dans lequel il m'était enseigné. Au fond de moi j'espérais également que mon père, ayant été béret vert vétéran de guerre, puisse m'enseigner le close combat chose qu'il a toujours catégoriquement refusé, me donnant tout au plus quelques exercices de réflexes moqués par certains copains de collèges lorsque j'avais le malheur de les évoquer. 

Combien ai-je eu mal en essayant de reproduire cette scène!

Mais revenons à "The way of the exploding fist". La première chose que j'ai apprécié c'est son côté épuré contrairement à un autre jeu du même style, IK+ par exemple. Ici, l'environnement se veut apaisé sous le regard de notre "senseï", celui de notre adversaire, tout juste troublés par un jingle marquant le début et la fin d'un combat complet. Graphiquement le jeu est assez "ensoleillé" dirais-je et très lisible. Les animations sont vraiment gracieuses, petit bémol sur le bruit des coups mais ceci reste anecdotique dans ce tableau de qualité.

Notre quête de la maîtrise n'a pas réellement de fin mais à n'en pas douter, "The way of the exploding fist" est un classique du genre sur Amstrad cpc. Je ne me rappelle pas avoir atteint le 10ème DAN, rageant parfois quelque peu sous l’œil impassible de notre maître au fond et réveillant le gros matou derrière moi m'adressent un regard empli d'interrogation. Quoiqu'il en soit, le soft faisait parti de ceux vers lesquels je revenais assez régulièrement.

C'était mieux que ma moyenne en maths...

dimanche 22 octobre 2023

Fantômes et goules dansent au clair de lune

 1989. C'est l'un de ces mercredis après-midi où je recherche l'apaisement, les journées de collèges étant parfois, souvent même, assez éprouvantes. Le mercredi après-midi (tout comme le week-end) est aussi l'occasion de se défaire de l'étreinte des ombres violentes liées aux relations humaines. A demi-mot, il m'arrive d'espérer que ces dernières dansent à présent avec le diable au clair de lune comme le disait un certain Jack Napier.

Une fois revenu en ce sanctuaire qu'est ma chambre, les plaies sont pansées en me plongeant dans le regard sibyllin de mon chat Belzébuth, espérant tel Starlion que l'animal ne me quittant qu'en de rares occasions me donne "la vision par delà la vision".  Je peux donc compter sur ce vieux félin mais aussi la contrée environnante, mon Amstrad cpc 6128 quant à lui se chargera d'abreuver mon imagination.

Comme une réponse à ma silencieuse prière, une enveloppe matelassée estampillée Micromania vient d'arriver sur mon bureau. Tel un destrier dont l'armure est composée de bulles d'air, elle s'est assurée que son cavalier Arthur de Ghouls'n'Ghosts édité par U.S Gold cette même année arrive à bon port. L'éditeur d'Albion s'est fait écuyer pour Capcom dans cette adaptation du jeu d'arcade sur Amstrad cpc. Concernant cette version je sais justement à quoi m'attendre puisque j 'ai vu quelques rapides extraits sur la vidéocassette du Micromania Video Show évoqué sur ma chaîne au travers de la compilation "Les Justiciers".

 Je connais également son prédécesseur Ghosts'n'Goblins via une compilation Elite, épisode que j'avais tout de même apprécié malgré sa difficulté, rien que pour sa musique composée par David Whittaker. Timothy Follin prendra sa suite pour Ghouls'n'Ghosts. La boîte est belle, assez imposante avec son carton à l'aspect brillant et solide. Avant l'arrivée du jeu, j'avais fièrement accroché le poster issu du magazine Amstrad 100% reprenant l'illustration de la jaquette.  J'aime parfois me plonger dans ses détails comme pour mes autres posters d'ailleurs. Avec la rapidité du lecteur de disquette, mon regard n'a désormais que peu de temps pour se perdre dans la nature environnante traduite par ma fenêtre.  Déjà les premières notes composées par Timothy Follin résonnent en mes oreilles, elles restent encore gravées après toutes ces années. 

 Entamant la partie je ne peux m'empêcher de revoir des extraits de la version Sega Megadrive aperçus au détour d'une émission dédiée au jeu vidéo. Ma mémoire concernant le titre de cette émission ne manquera pas de me faire faux bond en ces lignes. Mais les premiers instants ne sont plus à l'hésitation, je sens d'ores et déjà la difficulté à portée de Joystick (mon vieil Amsoft a rendu l'âme depuis un moment). Le spectre de "Ghosts'n'Goblins" se voit en partie chassé alors que le chevalier Arthur, de nouveau en quête pour délivrer sa dulcinée, perd son armure se retrouvant ainsi en sous-vêtements. 

Le scrolling interrompu ne facilite pas les choses, mais qu'à cela ne tienne, j'entends bien persévérer au travers des cinq niveaux qui composent le jeu. Je n'en verrais jamais la fin, tout au plus arriverais-je au troisième niveau à grand-peine malgré les armes glanées au fil de ma progression. L'astuce nous invitant à sauter à gauche au tout début du premier niveau est présente mais la super armure obtenue plus loin reste identique à celle que nous portons de base et ses effets ne sont pas aussi spectaculaires que celle de la version 16 bits. Bien entendu la version cpc n'est pas la plus belle que l'on puisse trouver mais peu m'importe j'apprécie l'univers autour de mon Amstrad, j'ai en cet instant l'impression qu'il est le seul à pouvoir créer cette ambiance si particulière. 

En prise avec les créatures du second niveau, sans que je m'en aperçoive, l'obscurité a délicatement posé son manteau sur les épaules de cette journée, hésitant encore tout de même un peu entre chien et loup. Mon père vient d'arriver et, avec sa toux exagérée, me rappelle que mon sac de collège affalé contre mon bureau et bayant aux corneilles, se veut un piètre gardien des devoirs non faits. A grands regrets je quitte Sire Arthur et met hors tension mon 6128. En rangeant la disquette dans sa boîte, un sourire se dessine discrètement sur mon visage car je sais que le week-end, malgré son pas traînant sur le chemin de la semaine, ne tardera pas trop.

mercredi 18 octobre 2023

Fantastique 6128

 1966. Je ne suis pas encore né, il faudra attendre huit ans supplémentaires avant que mes cris et sanglots fulminent dans l'air de cette maternité d'un arrondissement où maintes âmes sont déjà passées. 1966, c'est la date à laquelle "Le voyage fantastique" réalisé par Richard Fleischer est diffusé dans les salles. C'est quelques années plus tard que je découvrirais ce film qui pour moi est un classique. 

Un classique dans lequel le scientifique Jan Benes résidant au cœur des pays de l'Est, détenant un procédé révolutionnaire de miniaturisation permanente des objets et des êtres se voit victime d'un attentat alors qu'il s'apprête à livrer sa technique au gouvernement américain. Seule solution pour sauver cet homme : la miniaturisation d'une équipe envoyée dans le corps de Benes afin de dissoudre le caillot situé au niveau du cerveau risquant de le tuer rapidement. Mais le groupe doit faire vite car il ne bénéficie que d'une miniaturisation temporaire. A l'évocation du long-métrage, je suis encore hanté par les cris de Donald Pleasence en prise avec un globule blanc. 

Trop de mousse dans le bain...

 1989. C'est quelque peu de mauvaise humeur que je reviens du collège. Le fait d'apercevoir les housses confectionnées par ma mère pour protéger mon Amstrad cpc en désordre m'énerve encore plus à vrai dire. D'un geste traduisant mon excès de colère, j'enlève celle recouvrant le clavier. Je reste interloqué, mon cpc 464 avec ses couleurs que l'émission "Vitamines" envierait a tout simplement disparu... au profit d'un cpc 6128 flambant neuf.  A ses côtés une compilation, La collection CPC (évoquée sur ma chaîne), les disquettes "systèmes" ainsi que dans son boîtier slim "The fantastic voyage" édité par Amsoft en 1985

Et malgré la présence de "La collection CPC" c'est bien le jeu de Amsoft que je vais essayer en premier, voyant tout de suite qu'il s'agit de l'adaptation du film éponyme. 

Je suis dans un premier temps charmé par la sympathique musique d'intro. En réalité, du temps de mon cpc 464 je ne pense pas avoir eu l'occasion de croiser un jeu Amsoft! Ainsi ce voyage fantastique sera mon tout premier. Et fantastique il l'est, pas forcément par sa réalisation mais sans l'ombre d'un doute parce que c'est la première disquette insérée dans mon 6128. 

Le scénario reprend les grands axes du film excepté qu'ici notre mission principale sera de reconstituer notre sous-marin brisé en huit morceau et disséminé dans le corps du Dr Eernest Hacker (changement de nom pour question de droits j'imagine).

Il nous faudra composer avec les défenses naturelles du corps humain et autant le dire tout de suite, je n'ai jamais vu la fin du jeu. Un détails que j'appréciais particulièrement était la possibilité de suivre mon cheminement avec le corps dessiné sur la droite de l'écran. Graphiquement et question maniabilité l'ensemble se voulait honnête. Pour être franc, si je revenais de temps en temps vers "The Fantastic voyage" c'est surtout sur "La collection CPC" que je m'attarderais, découvrant certains softs à côté desquels j'étais passé sur mon 464 (comme Sorcery par exemple). 

Malgré tout, lorsque le souvenir de mon cpc 6128 effleure la surface du temps, c'est au jeu d'Amsoft auquel je pense. Je me revois encore, émerveillé devant la rapidité du lecteur de disquette et les premières notes de sa musique d'intro.

dimanche 15 octobre 2023

Sur les routes de Shao-Lin

 1988. C'est l'un de ces dimanches après-midi où le printemps entérine son retour, d'ailleurs le soleil accompagné par des températures clémentes tente de se faire passer pour un début d'été. Comme pour inviter ce dernier plus rapidement, ma fenêtre de chambre est grande ouverte laissant le parfum du parterre de fleurs, rafraîchit par ma mère quelques jours auparavant, s'insinuer en mon odorat. Mais en réalité, je n'ai guère le temps de me laisser distraire puisque les instants précédents m'ont vu emprunter des chemins dangereux via Shaolin's Road édité par "The Edge" (le guitariste de U2 n'en composera pas la bande son pour autant) en 1986, adaptation de la borne arcade éponyme de Konami.

Important: porter la moustache pour emprunter cette route...

Pourtant, la première chose qui me vient à l'esprit en évoquant "Shaolin's Road" c'est sa musique, l'action passant presque au second plan du coup. A l'époque je suis très friand des films d'arts martiaux mettant en scène Bruce Lee, Jackie Chan et bien d'autres. Aussi, lorsque j'ai noté la présence de ce titre sur la compilation Konami's arcade collection, il m'a fallu l'essayer rapidement. 

Nous incarnons Lee et ce dernier doit se frayer un chemin alors qu’il se retrouve prisonnier des triades dans un temple. Au fur et à mesure de notre avancée, les décors évolueront quelque peu. Je ne peux pas dire que les combats étaient un modèle de précision mais j'appréciais le son des coups donnés, rendant assez fidèlement ceux des films du genre. 

Il y a quelques détails assez amusants tel celui où notre personnage vacille alors qu'il est en équilibre au bout d'un étage ou encore lorsqu'il se retrouve sur le dos porté à terre par un ennemi. Les graphismes ne sont sans doute pas les plus beaux de la machine mais restent très sympathiques. Il est aussi possible d'amasser temporairement des armes tels que des missiles magiques (le pouvoir de l'esprit, un peu comme le Hadouken) ou encore une boule à piques. Après avoir éliminé tous les ennemis du tableau, le boss apparaîtra. Il n'est pas très difficile à vaincre. Une fois ce dernier mis hors d'état de nuire, une nouvelle vague d'ennemi se fera connaître puis un autre boss et nous évoluerons vers un environnement différent. 

J'avoue n'avoir jamais été très loin dans "Shaolin's Road", me retrouvant souvent à terre dû à l'imprécision des coups portés (la bonne excuse!), j'en garde néanmoins un bon souvenir. Mais alors que ce dimanche après-midi tire sa révérence, l'horizon perdant de son éclat me voit ranger la cassette dans la boîte de la compilation. Cependant un léger sourire se dessine sur mon visage car la route de la période estivale, celle que l'on appelle plus communément "Les grandes vacances" ne tardera pas trop.

dimanche 17 septembre 2023

Dix sur dix pour les faucons de l'Amstrad cpc

 1988/1989. C'est l'une de ces journées à la saveur particulière, où tout semble vous sourire. Pourtant il s'agit d'un jour de collège mais ce dernier s'articule autour de la visite d'un des châteaux peuplant les contrées qui m'entourent. J'avoue ne plus me souvenir duquel il s'agit. Serait-ce celui de la commune de Veauce avec la forme éthérée de Lucie? Non, j'aurais l'occasion de visiter les lieux un peu plus tard et d'ailleurs un tableau particulier me subjuguera lorsque mes pas incertains fouleront ces couloirs emplis d'histoire. Ce dont je me souviens c'est que notre professeur d'histoire, un homme dont la rigueur n'est plus à démontrer, accompagne notre classe.

Le souvenir de Lucie me questionne encore après toutes ces années...

Ainsi se déroule cette journée teintée par l'exceptionnel où, avec le peu d'amis que j'ai alors, les conversations se porteront sur les jeux Amstrad cpc tandis que le bus nous mène vers cette destination dont le souvenir m'échappe. La pause déjeuner dans le parc du château reste cependant en ma mémoire, appuyé par un printemps généreux et porteur de la douce brise des vacances estivales qui ne sauraient tarder.

De retour à la maison, après la description d'usage de cette journée auprès des parents; je retrouve le calme de ma chambre. Avant cela, j'irai saluer les arbres, notamment l'imposant chêne dont les branches voient Hélios diriger son char vers l'Ouest le soir venu. A ses pieds un banc métallique, récupéré je ne sais où, à la peinture verte écaillée m'accueille quelques instants... mais allez, pas le temps, la compilation "Dix Sur Dix" (Command Performance en anglais) de U.S Gold, évoquée sur ma chaîne m'attend! Je me vois mal continuer mon exploration dans Mercenary de Novagen au risque de devoir m'arrêter au mauvais moment en comptant le chargement de la cassette au préalable. Xeno peut-être? Finalement mon choix se porte sur un soft de la compil' auquel je joue très peu: Hardball édité à l'origine par Accolade en 1986

10 jeux, autant de souvenirs.

J'avoue ne pas comprendre grand chose à ce sport mais j'apprécie la musique d'intro et c'est l'occasion de m'y essayer un peu plus. Pendant le chargement j'ai le temps de faire un tour du côté de la véranda qui cette fois ci ne verra pas mon cpc 464 occuper sa table. Je suis un peu comme les chats qui aiment parfois changer de pièce, parfois non. Néanmoins je m'apprête à profiter du petit salon de fortune installé par mon père au fond, avec une plante verte assez imposante et son pot occupé ponctuellement par des grillons aventureux. De plus cela me permet de jeter un œil au programme télé en cours par la baie vitrée du salon ouverte sur la structure vitrée. Elle l'est souvent en été. Mon intérêt se voit bientôt happé par un film, "Les faucons de la nuit", diffusé sur la cinquième chaîne de l'époque avec Sylvester Stallone et Billy Dee Williams lancés à la poursuite de Rutger Hauer dans le rôle d'un terroriste.

Pousse toi gamin, on a pas le temps pour le cpc nous!

J'apprécie beaucoup ce film mais bientôt la musique de Hardball résonne en ma chambre aussi c'est quelque peu à regret que je quitte la véranda... Pour me rendre compte que je ne comprends toujours rien au baseball (et pas vraiment l'envie en réalité) prenant cependant le temps de faire quelques balles. Après mes essais infructueux et avoir profité du thème musical une nouvelle fois, je retournerais voir la fin du long-métrage appuyé par ces trois acteurs charismatiques.

vendredi 8 septembre 2023

Kevin Costner et la réalité augmentée

 1995. Le cadre rural a fait place à une peinture citadine dont les teintes me semblent bien mornes. Pour autant, cette ville moyenne où j'ai atterri depuis peu n'offre pas que des inconvénients, il m'arrivera d'y faire des rencontres éphémères pour la plupart. Il y a aussi le cinéma du centre-ville dont les affiches tente d'attirer les clients des terrasses d'en face, se réconfortant d'une boisson chaude pour certains, s'enivrant parfois violemment pour d'autres. 

Et en ce samedi soir, c'est d'un pas décidé que je quitte mon petit taudis pour aller voir le nouveau film de Kevin Costner: Waterworld. La presse spécialisée a démoli sans remord le long-métrage mais peu importe pour ma part, j'ai tellement eu peu l'occasion de fréquenter les salles obscures auparavant que je compte bien me rattraper quitte à m'ennuyer ferme devant le dernier film de Steven Seagal lors d'une seconde séance (non pas la dernière mais combien me manque-t-elle celle-ci!). Avec ses nuages menaçants, le ciel semble vouloir appuyer l’œuvre de l'acteur que j'apprécie en général, notamment dans "Les incorruptibles" réalisé par Brian De Palma (évoqué dans une vidéo de la chaîne). Peu importe, c'est d'un pas tranquille que j'arrive bientôt à ma destination. 

Premier signe que cette soirée sera placée sous la particularité, une pancarte écrite par l'élégante écriture de l'ouvreuse indique qu'une réduction de 10 francs est appliquée en raison d'un défaut sur l'exemplaire du film fourni à l'établissement: une rayure. Peu m'importe, je souhaite tout de même tenter l'expérience et alors qu'une fine pluie commence à timidement recouvrir le bitume, me voilà billet en main en direction de la "grande salle" tout du moins celle qui se veut la plus importante dans ce petit cinéma dont la façade et toiture viennent d'être rénovées. 

HEY, il y a une rayure sur le film!

Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'y a pas foule, une bonne partie des sièges rouges au tissu parfois douteux se veulent vides. Deux rangs plus loin devant moi, deux individus évoquent déjà le personnage féminin du film, incarnée par Jeanne Tripplehorn, sous des termes peu flatteurs, les pieds posés sur les dossiers des sièges devant eux... ambiance. Allez, le film commence et "le marin" incarné par Kevin Costner nous montre comment recycler l'urine en eau potable! Oui car dans "Waterworld" se déroulant en 2500, l'intégralité des continents reposent désormais dans les bras de Poséidon mais la légende d'une terre nommée "Dryland" est tenace. L'histoire fait même état d'une carte menant jusqu'à elle... reste à la trouver! 

C'est quoi ce blog?

Cependant il va  falloir faire vite car bientôt, à quelques mètres de moi, un spectateur s'agite comme piqué par un insecte. Mais... est-ce une goutte d'eau qui vient de tomber sur le siège juste devant moi? Cette dernière se transforme rapidement en mince filet. Une personne se dirige vers la sortie pour revenir quelques instants après accompagné par deux employés armés de seaux. Dehors il fait gros temps, un orage vient d'éclater avec son lot de pluie. Les fuites se multiplient pour finalement se stabiliser, l'écran éclaire certaines tâches noirâtres au plafond mais n'empêche pas pour autant le film de continuer. La musique vient parfois couvrir le "plic plic" des gouttes tombant dans les récipients. 

En sortant du cinéma je sais déjà que je retiendrai davantage ces conditions quelque peu atypiques de visionnage bien que l’œuvre en elle-même ne méritait pas tant de haine des critiques ai-je trouvé J'ai juste eu le sentiment que Dennis Hopper en faisait un peu trop. Alors que mes pas empruntent le chemin du retour, quelques éclairs parsèment encore le ciel mais la pluie a déjà délaissée cet amant infidèle qu'est Zeus.