samedi 21 mars 2026

Jour sombre à Sunnydale

Les jours passent et se ressemblent sombrement parfois. Il interprétait Alexander dans la série Buffy contre les vampires (1998), une série que j’appréciais regarder sur ma télévision 26 cm de marque Kaïsui à l’époque. Avec son générique énervé, l’interprétation de Sarah Michelle Gellar, le trouble hypnotisant qu’avait Drusilla (interprétée par Juliet Landau) sur mon être, la série me rappelait mon adolescence effacée par la vie adulte.

Nicholas Brendon 1971 - 2026

 Et puis il y avait le personnage de Alexander joué par Nicholas Brendon, gaffeur invétéré du groupe mais pote sur qui l’on pouvait compter à chaque instant, nous ayant quittés ce 20 mars 2026, même jour que Chuck Norris, à seulement 54 ans. Il en va de même pour chacun d’entre nous mais alors que j’approche également de cet âge, impossible de ne pas penser au flot ininterrompu de ce temps implacable.

vendredi 20 mars 2026

Porté disparu

 Je ne vais pas mentir. Lorsque j’étais gosse j’adorais les films de Chuck Norris, souvent vus à la télévision bien sûr mais également au détour d’une cassette VHS offerte dans le cadre de  l’abonnement du Club Dial, sans oublier celles louées par le paternel auprès du vidéoclub local.

J’ai grandi, ses films m’ont nettement moins attiré et j’ai peut-être regardé un ou deux épisodes de « Walker Texas Ranger » sans jamais y porter grande attention. Depuis, je ne nie pas avoir souri aux nombreuses blagues liées à son statut underground d’homme invincible, notamment celle-ci (approximativement) : «  Et Dieu dit, que la lumière soit. Chuck Norris répondit : on dit s’il-vous plaît ».

Mon souvenir cinéma le plus marquant avec cet acteur et artiste martial restera sans doute son affrontement avec Bruce Lee dans « La fureur du dragon ». Reposez en paix Chuck Norris.

Chuck Norris 1940 - 2026

samedi 28 février 2026

L'ombre de la bibliothèque

 Nous sommes aux alentours de 1994‑1995. L’Auvergne est à présent derrière moi, et avec elle l’Amstrad CPC. Les relents industriels de cette ville où mes parents et moi avons migré me font amèrement regretter champs et chemins. La lumière crue de l’éclairage public en vient presque à masquer la beauté de Séléné, qui d’habitude réchauffe mon âme de ses mains éthérées et blafardes, tout comme le soleil réchauffe mes os le jour, lorsque ce dernier daigne se montrer. 

Il n’est désormais plus temps de s’intéresser aux jeux vidéo - c’est tout du moins ce qu’entonne, ou plutôt rabâche sans arrêt, la voix paternelle, après avoir vendu au rabais (pour une poignée de dollars, aurait peut‑être souligné Clint Eastwood) l’intégralité de mes souvenirs d’enfance, plastiques comme pierre. Heureusement, dans l’attente de faire main basse sur la Megadrive de Sega, l’art vient me soutenir, et sa petite voix m’indique que la lecture, cette vieille amie m’ayant déjà apporté son soutien lors de mon service militaire, sera une fois de plus source de bien‑être.

Dans la famille, mots couchés sur le papier ou croisés ont une alliée de taille : ma mère. La figure maternelle a repéré très tôt ce qui lui faisait défaut à notre arrivée : une bibliothèque fournie. Cette dernière se niche au cœur d’un château non loin du centre‑ville et, en ce samedi lourdement illustré par une grisaille aux nuages patibulaires, j’ai le loisir de l’accompagner. Indéniablement, l’édifice détient un charme.
Une fois ma voiture garée avec difficulté — les places de parking aux abords des quais se faisant rares en ce jour saturnien — nous entrons dans la bâtisse, qui laisse sur mon être une certaine empreinte. La fragrance de son parquet ancien viendra également chercher une place mémorielle au creux de mon odorat. C’est à l’accueil que cela se complique : deux figures peu amènes nous toisent avec circonspection. La colère schizophrène de l’ancien loup‑garou niché en moi (quelque part, dans le roman de Shirley Jackson, Mary Katherine Blackwood approuve) préfère laisser l’avenante figure maternelle s’occuper de ce détail, me permettant ainsi embrasser les rayons dédiés au genre fantastique. 

Les étagères, à l’aspect moderne, détonnent un peu avec le reste du bâtiment ; cependant, un petit salon agencé avec goût non loin de là, et agrémenté d’un tapis, adoucit quelque peu cette fausse note. Une pièce à l’imposante porte laissée entrouverte, interdite au public, fait état d’une réserve d’ouvrages reposant sous la morne lumière d’une fenêtre aveugle, sans doute dans l’attente d’être aptes à rejoindre les diverses sections. Une fois les inscriptions terminées, ma mère se retrouve bien vite absorbée par son genre de prédilection : le thriller. Quant à moi, j’ai déjà trouvé mon bonheur avec l’adaptation littéraire du film de Ridley Scott, Alien, mais aussi avec l’œuvre de Joseph Sheridan Le Fanu, Carmilla, ici dans la collection « Présence du fantastique » de l’éditeur Denoël. 

 Il s’agit en réalité d’une nouvelle, dont voici la quatrième de couverture : « Il était une fois une jeune fille qui s’ennuyait un peu en compagnie de son père dans un château de Styrie. Jusqu’à l’arrivée accidentelle de Carmilla, pour qui Laura éprouve aussitôt une amitié trouble, faite d’attirance sensuelle et du sentiment qu’il existe entre elles des liens mystérieux. Mais qui est Carmilla ? Comment se fait‑il qu’elle ressemble étrangement à la jeune femme qui hantait jadis les cauchemars de Laura ? Et qu’à mesure que celle‑ci dépérit, le teint de Carmilla prenne “un velouté et un éclat particuliers” ? »

En cet instant, je ne connais rien de l’auteur irlandais (1814‑1873), mais très vite, lors des premières pages, je me vois absorbé par son élégance et sa poésie, ici traduites par Alain Dorémieux. Le récit est court donc, suivi de trois nouvelles que je suis en train de relire actuellement, mais il marquera à jamais mon esprit. Des années plus tard, au détour d’un vide‑grenier, mon regard croisera celui de la jeune comtesse de Karnstein, originaire de Styrie. Ainsi, pour une somme modique, nous voici à nouveau réunis, sous la coupe d' une nouvelle traduction effectuée par Jacques Papy, ayant déjà œuvré sur les écrits du maître de Providence, H. P. Lovecraft.

 Depuis, le livre de Joseph Sheridan Le Fanu a connu bien des éditions, y compris sous forme de bande dessinée, avec les illustrations de Pascal Croci, dont j’ai beaucoup apprécié le dessin. Et puis, poussé par la nostalgie de ces instants passés à fouler le sol de cette bibliothèque avec ma mère, j’ai également pu remettre la main sur l’édition m’ayant fait connaître cet élégant roman gothique, laissant ainsi Carmilla venir esquisser un portrait sanguin d’une partie de mes souvenirs.


samedi 15 novembre 2025

Arnold et Alyssa

 Suite à la rediffusion par RTL9 de Commando avec Arnold Schwarzenegger ce samedi soir, bon nombre d'images me sont revenues en tête. Le poster offert par ma mère à l'époque et qui s'affichait fièrement au-dessus de mon lit, le commentaire de mon père lors de l'assaut final : "mais ton gars là, il ne recharge jamais en fait!", l'apparition de Bill Paxton en contrôleur aérien le temps de quelques minutes, la languette de la VHS retirée afin d'être sûr que le film ne soit pas écrasé par un autre enregistrement (coucou l'épisode de Schimanski enregistré par Maman!) et bien entendu les répliques cultes. Je me revois encore, sur le canapé du salon, attentif à chaque prouesse du colonel Matrix en guerre contre son ancien coéquipier Bennett ravisseur de sa fille incarnée par Alyssa Milano, admiratif lorsqu'au début ce dernier a senti venir les ennemis avant même qu'ils n'apparaissent. 

 Et puis il y avait eu cette petite déception lorsque Cooke incarné par Bill Duke, également présent deux ans plus tard dans "Predator", combat Arnold Schwarzenegger dans la chambre d'hôtel. Cooke déclare être un béret vert mais se faisait avoir trop rapidement à mon goût. Cette amertume venait sans doute du fait que mon père ayant fait partie de ces soldats d' élite dans sa jeunesse et, le considérant alors comme un héros de guerre, je voyais ces hommes invincibles.  

 Je me revois tout autant fredonner le thème musical, aux consonances d'Aliens 2 puisque James Horner s'est chargé de la bande-son du long-métrage réalisé par Mark Lester à qui l'on doit notamment "Dans les griffes du dragon rouges" avec Brandon Lee. De mémoire, j'avais vu le film grâce à Canal +, substitut d'un cinéma dans lequel je ne me rendais que très rarement. Les années passent, j'ai déjà 51 ans, pour autant, même si l'adulte s'amuse désormais des répliques et scènes d'actions de Commando, quelque part, non loin de là, l'enfant/adolescent conserve lui une grande part d'affection pour ce cinéma des années 80 et reste profondément attaché à ces rendez-vous télévisuels peu à peu effacés par les plateformes de streaming. 

mardi 28 octobre 2025

Un cœur en hiver

Bien que le titre suggère le contraire, je ne vais pas vous parler du film réalisé par Claude Sautet en 1992. Nous sommes sans doute aux alentours de 1990 puisque Amcharge est dans les parages. Au dehors, la neige recouvre une fois de plus le paysage bourbonnais même si son manteau se veut moins épais que les années précédentes. Qu'à cela ne tienne, par sa lumière, sans les conquérants, l'hiver dépose tout de même un peu de sa magie en mes yeux. J'ai l'impression d'être illusoirement invincible, inatteignable, au sein de cette ruralité située au milieu de nulle-part, un peu comme l'île de Alain Massoumipour alias Poum. Rien n'est peut-être plus vrai en cet instant puisque d'ici peu, une compilation composée de jeux téléchargés via le service 3615 Amcharge s'apprête à visiter, malgré la distance prise par les mercredis, le lecteur de disquette de mon cpc 6128.

Là, dans cette chambre, sanctuaire se voulant désormais fissuré, laissant peu à peu les ténèbres fétides quotidiennes esquisser la lumière cru de la réalité, me voici fidèle au poste. Un peu comme celui de l'ingénieur dans Night Raider de Gremlin Software déjà évoqué sur ce blog. Aux abords de cet article, nous restons néanmoins dans le même domaine puisque je m'apprête à essayer The Dam busters édité par U.S Gold en 1986. Bien que n'étant pas un féru de simulation aérienne, le versant historique et l'ambiance nocturne de ces deux jeux sont peut-être la cause de mon attrait pour eux.

Ghost... euh Dam Busters!

Amstrad Cent Pour Cent m'avait prévenu, le téléchargement de la notice s'avérait absolument nécessaire... conseil que je n'ai, bien entendu, absolument pas suivi à l'époque. "Peuh, j'ai déjà joué à Night Raider moi Monsieur, alors passez moi les commandes que je vous montre un peu!" Et bien pas du tout en réalité! 

Le soft est un peu plus complexe techniquement, les postes de commandes plus nombreux. Ce dernier nous place donc à la gestion d'un bombardier Lancaster MK III, notre but étant de détruire trois barrages allemand situé dans le bassin de la Ruhr. Cet acte aurait pour effet de déverser des quantités importantes d'eau sur la région engendrant un impact significatif sur la logistique de l'ennemi tout autant que sur le moral des troupes. Pour ce faire, le largage d'une bombe sera nécessaire et c'est là que les choses sérieuses commencent dans le sens où l'opération prendra une tournure technique.

Les graphismes ne sont certainement pas le point fort du jeu, là n'est pas son atout de toute manière. L'intérêt se situe au niveau de l'opération en cours et surtout dans la gestion de l'appareil. Il convient également de rappeler que le jeu est sorti en 1986 alors que Night Raider en 1988. Malgré mes difficultés à gérer l'ensemble, j'adhère à l'ambiance accentuée par l'impression nocturne et l'absence de musique permettant de se concentrer. 

Je n'irai jamais très loin cependant, mes souvenirs confus restituent de manière éparse l'exactitude de mes sessions. Je ne ressens néanmoins aucune amertume quant à The Dam Busters, il était peut-être tout simplement arrivé trop tard par rapport à "Night Raider". Il y a également le fait que les festivités d'antan, pourtant vécues deux ans à peine sur mon cpc 464, s'estompent plus rapidement que prévu, laissant cette âme de "cpcciste" déjà empreinte d'une certaine nostalgie devenir rien de plus qu'un cœur en hiver.

dimanche 5 octobre 2025

Retour vers le passé

 Ben Mears est écrivain, ses œuvres rencontrent un certain succès. Mais pour son nouvel ouvrage en préparation il a en tête un sujet bien particulier ayant trait à un souvenir peu agréable. Ainsi, c’est hanté par le souvenir de sa femme décédée lors d’un accident de moto dont il était le conducteur qu’il revient sur les traces de son enfance passée à Jerusalem’s Lot située dans le Maine, Salem pour les habitants du coin. 

La petite bourgade qu’il a connu jadis n’a pas réellement changé si ce n’est quelques passages inhérents au temps œuvrant impassiblement. Mais si il y a une chose immuable à Salem c’est cette imposante maison située dans les hauteurs, Marsten house, qui semble régir la ville tel un pesant monarque ombragé. Il s’y est d’ailleurs passé d’horribles évènements liés à son ancien propriétaire, Hubert Marsten, un homme peu recommandable ayant mené quelques obscures transactions avec le crime organisé. Cette fois-ci cependant, la demeure désormais abandonnée attire en son sein un autre genre de mal.

Salem fait partie de mes livres de chevet que je relis au moins une fois par an environ, un peu comme si j’effectuais un pèlerinage.  La plupart le considère en tant qu'œuvre mineure de Stephen King mais pour ma part, sa simplicité et efficacité font de ce roman un incontournable de l’écrivain. Encore une fois, c’est grâce à la collection Pocket Terreur que j’ai découvert cette énième œuvre du maître et, en réalité, Salem m’a également permis de lever le voile sur ce qui sera un autre roman de prédilection pour moi: The Haunting of Hill House écrit par Shirley Jackson. La maison de Hugh Crain a inspiré Stephen King pour Martsen House et l'aura de la tragique histoire d'Eléanor transparaîtra quelque peu dans le téléfilm Rose Red des années plus tard.

Traits communs aux romans de Stephen King en général, c’est sa capacité à dépeindre la vie habituelle d’une petite ville, l'existence de personnes que l’on est peut-être à même de croiser  un jour ou l’autre. Si Marsten House est le phare ténébreux de Salem, les maisons abritent, elles, les zones d’ombres de ses habitants. Ainsi le mal nouvellement arrivé à Jerusalem’s Lot se nourrit également des ténèbres divisées en poches. Si ces derniers mots se veulent maladroit, vous avez certainement compris mon propos! 

Depuis quelques années, outre les rééditions poches, l’œuvre datant de 1975 (tout de même!), s’est vue déclinée en divers formats dont une proposant des segments retirés de l’édition originale et agrémentée de quelques photos d’artistes sans oublier deux nouvelles affiliées à un recueil datant lui aussi de quelques années. Si vous n’avez jamais lu Salem, il peut-être intéressant de faire l’acquisition de cette dernière mais je dois avouer que les passages « coupés » n’apportent rien de réellement pertinent au manuscrit édité. Pour ma part, je possède une édition France Moisir, euh France Loisirs pardon, celle dotée des nouvelles et passages coupés ainsi qu’une de la collection Pocket Terreur. 

Côté adaptation cinématographiques ou plutôt télévisuelles, on ne peut pas dire que Salem ait eu beaucoup de chance avec, à ma connaissance, trois œuvres qui se rejoignent sur un plan: L’échec à cerner le matériel de base. Enfin, je m’avance un peu en disant cela car en réalité je n’en ai vu que deux: La version de Tobe Hooper (1979) avec David Soul dans le rôle de Ben Mears et celle datant de 2004 mettant en scène Rutger Hauer, Donald Sutherland ainsi que Rob Lowe pour y incarner l’écrivain. Je n’ai été emballé par aucune des deux. N’étant pas abonné à la plateforme de streaming Netflix, il me sera impossible de vous donner un avis concret sur la dernière adaptation en date cependant, après avoir vu maints extraits et recueilli divers avis…. Cela ne me donne clairement pas envie de le voir. J’ai volontairement passé sous silence  Les enfants de Salem (1987) qui se veut une libre suite du roman original. 

La fin de l’article fait désormais place à la confidence. Actuellement, je vis dans une maison quelque peu similaire à Marsten house, dont je ne suis pas le propriétaire. Oh, elle est bien plus modeste en taille mais n’envie certainement rien à sa silhouette vétuste! Nous y avons froid l’hiver avec ma fille et les combles inaccessibles sont sûrement occupées par quelques esprits discrets, certainement plus que les silhouettes maléfiques de Kurt Barlow et Richard Straker. Néanmoins, ses escaliers particuliers me font parfois penser à ceux empruntés par le jeune Benjamin Mears… et j’ose espérer qu’une fois les marches gravies, je n’y verrai pas le fantôme d’Hubert Marsten.

mardi 8 juillet 2025

Ra(t)diations

 Cela devait bien arriver. J’entends par là ma fin de lecture concernant la trilogie des rats initiée par James Herbert en 1974 tout autant que l’avènement de l’arme nucléaire dans ce troisième et dernier tome édité en 1984: "L'empire des rats" ("Domain" dans la langue d'Albion). Londres a été balayée par les bombes, en témoigne les quelques existences décrites par l’auteur britannique au début de son œuvre qui se voient anéanties en une poignée de minutes. Quelques pages plus tard, nous suivrons les pas d’un pilote d’hélicoptère, Steve Culver, et d’un fonctionnaire du gouvernement devenu momentanément aveugle en regardant brièvement l’éclair nucléaire. Tant bien que mal, parmi une foule en proie à la panique, Culver guidé par Alex Dealey trouvera l’entrée d’un abri secret gouvernemental mais les deux hommes devront composer sur le chemin avec les rats mutants des deux premiers tomes tapis dans l’ombre. 

Si le livre est essentiellement centré sur Steve Culver, une poignée de survivants gravitera autour de lui notamment Kate, une jeune femme sauvée des rats par Culver sur le chemin menant à l’abri dans l’obscurité du métro londonien. Autant le dire tout de suite, il s'agit du volet de la trilogie que j’ai le moins apprécié. C’est sans doute parce que j'y ai retrouvé les ingrédients qui font que j’ai toujours eu un peu de mal avec le style de James Herbert par la suite, notamment avec « Sanctuaire » (oui encore lui). Cependant, ne vous méprenez pas, j’ai toujours eu une grande admiration et un profond respect pour l’auteur britannique qui, au même titre que ses pairs, se voyait être le fer de lance de la collection Pocket Terreur (oui, là aussi, encore elle).

Ce que je reproche à ce volet sans doute le plus ambitieux de la trilogie c' est sa lenteur, sa lourdeur dans le déroulement des faits et même parfois, souvent même, l’action. Si la bande des survivants de l’abri apporte un intérêt réel au déroulement de cette aventure post apocalyptique, certains portraits collatéraux s’avéraient peut-être dispensables bien que la place occupée par ces derniers n’est pas très importante. De même, si ils sont toujours autant redoutables, l’impression que les rongeurs antagonistes passent quelque peu au second plan malgré leurs attaques qui s’emballent vers la fin du roman m'a étreinte tout au long du récit. Si il y a bien un bref pan concernant l'évolution de l’espèce là aussi en fin de roman, elle ressemble, pour ma part, un peu à un pétard mouillé.

 De ce fait, j’ai donc plus apprécié les deux premiers volets où les rongeurs occupaient la place principale, de manière simple et efficace. D’ailleurs j’aurais très bien vu les rats de James Herbert adaptés dans un épisode de la série « The X-files » que j’affectionnais tant en son époque (tout du moins les premières saisons). Quoiqu’il en soit, j’ai été très heureux de pouvoir enfin lire la trilogie de James Herbert manquée à l’époque de sa publication dans la collection dirigée par Patrice Duvic en son temps. Si par hasard l’envie de découvrir les rongeurs de Sir Herbert venait à vous saisir, je vous conseillerais tout de même la lecture des trois tomes même si ce dernier roman n'a pas réellement de liens solides avec les deux premiers.